Retour en détails sur la carrière de Marc Zanotti



A l'instar d'un Fred Brando l'an dernier au STV 83, notre département a eu la fierté de voir revenir il y a quelques saisons un autre de ses enfants chéris en la personne de Marc Zanotti. Ce dernier aujourd'hui St Cyrien a tout connu durant une carrière professionnelle bien remplie (Bordeaux, St Etienne, Nancy, Caen , Nîmes) mais son regard sur le football reste le même qu'à ses débuts au Racing où il affichait déjà des prédispositions largement au dessus de la moyenne.
Un parcours sinusoïdal au possible d'un but lourd de sens pour cet Italien d'origine à La Fiorentina lors de la deuxième phase de ligue des champions en 2000 sous les couleurs bordelaises à l'oubli à Caen tracassé par des blessures à répétition.

Véritable amoureux du jeu et des valeurs, il était prédestiné à un come back dans le Var tel qu'il l'explique : « J'étais en fin de contrat à Nîmes et je voulais retourner au Sporting, histoire de boucler la boucle. Je me sentais capable de rendre des services tout en me rapprochant de mes racines. Malheureusement il n'y a pas eu de retour. Comme je connaissais bien Jeannot Susini j'ai signé à St Cyr en DH car je prends toujours du plaisir sur le terrain. Bien sur quelque fois il faut se faire violence mais par exemple les mises au vert ne manquent pas. Je n'ai plus de contraintes et de ce fait je préfère raisonner année après année sans tirer des plans sur la comète. » Logiquement les priorités ont changé pour Marco, père de Lina et Stella et marié à Aurore rencontrée à Nancy qui est de son propre aveu : « La seule bonne chose qui me soit arrivé en Lorraine parce qu'avec Boloni les rapports étaient difficiles. » Ainsi s'il ambitionne de rester dans ce milieu qu'il connaît trop bien c'est désormais de l'autre côté de la barrière. Pour cela il n'a rien laissé au hasard : « J'ai eu dernièrement mon DEF complet ainsi que le BEES II. Je veux me stabiliser et trouver une reconversion dans un club ou une collectivité en tant qu'éducateur. Je suis ouvert à toutes propositions car j'ai vraiment envie de faire partager l'expérience acquise auprès d'entraîneurs de renom comme Rolland Courbis, Elie Baup, ou Robert Nouzaret. »

Bordeaux, le début du rêve

S'il avoue marcher à l'affectif pour pouvoir donner la pleine mesure de son talent, Marc Zanotti ne cache pas l'importance qu'a eu le premier nommé dont la fibre toulonnaise n'est plus à démontrer tout comme ses qualités de défricheur de jeunes talents. Alors que ce milieu gauche élancé fait les beaux jours du Sporting Club de Toulon en National, il s'apprête à faire le grand saut dans le milieu professionnel. Retour sur un transfert à sensation : « C'est Patrick Vernet un de mes coéquipiers de l'époque qui m'avait pris sous son aile qui m'a rapproché de Rolland Courbis alors entraîneur aux Girondins de Bordeaux. Ce fut l'élément déclencheur et tout s'est fait rapidement. »
Saison 96/97, le début d'un rêve pour l'intéressé qui a toujours baigné dans l'ambiance football et auquel on prédisait très tôt une haute destinée dans le microcosme du ballon rond. D'autant que d'entrée tout se passe idéalement : « Au départ je ne devais faire que la préparation et au final j'ai joué 20 matchs. Il y avait déjà Kaba Diawara avec lequel j'avais joué au Sporting. C'était un rêve de gosse mais pas un objectif. J'ai franchi le cap mentalement pendant notre année en 17 ans Nationaux et après tout s'est fait naturellement. » Signe du destin il inscrit son premier but à Lens le jour de son anniversaire le 13 novembre lors d'une victoire girondine (4-3). Un article paru dans l'Equipe intitulé "Diawara / Zanotti les frères de la Côte" stigmatise l'importance prise par les deux varois dans le jeu collectif aquitain.
En fin de saison Marco dispute même les jeux méditerranéens sous les ordres de Raymond Domenech prouvant ainsi qu'il est sur la bonne trajectoire. Sentiment confirmé puisqu' après le départ de « Rolland la science » du côté de la Canebière son successeur en Gironde Guy Stephan continue de lui faire confiance mais une hernie inguinale l'arrête en pleine ascension. Retour sur un moment difficile à vivre : « J'avais fait toutes les rencontres en préparation comme titulaire et puis cette blessure ainsi qu'une autre à la cheville m'obligent à passer la main. C'était regrettable surtout qu'en décembre Elie Baup prend les rênes de l'équipe car les résultats étaient décevants. Comme il n'était pas un adepte du turn over j'avais la sensation de végéter. En fin de saison j'ai demandé à être prêté car il fallait que je joue. »



Le début d'un long périple pour un Marc Zanotti qui rejoint les rangs de l'AS Nancy Lorraine et qui découvre le rugueux climat local ainsi qu'un entraîneur qui l'est tout autant avec Lazlo Boloni. « Avec le recul c'était une erreur de casting. Il n'y avait aucune communication, c'est le vrai gars de l'Est assez autoritaire et fermé mais c'est son caractère et cela ne remet pas en cause ses compétences. Il a eu des résultats à Rennes notamment mais pour moi c'était injouable.

J'ai eu la chance de pouvoir rebondir à St Etienne où j'ai passé 6 mois fantastiques sous les ordres de Robert Nouzaret. On finit champion de D2 dans une ambiance exceptionnelle car la communion était totale avec les supporters et je ne regrette pas d'être parti de Bordeaux
qui rafle aussi le titre en Ligue 1 avec les Benarbia, Micoud, Laslandes ou Wiltord. Le Chaudron c'est quelque chose et on sent un engouement vraiment particulier autour de l'équipe. Je me souviens qu'avec Sablé et Guillou on avait fait des parodies sous forme de vidéo sur les autres joueurs et le staff technique. On s'était vraiment bien marré sur ces coups là. » Alors qu'il aurait souhaité poursuivre l'aventure verte, Marco doit revenir à Bordeaux trop gourmand financièrement pour finaliser un transfert longtemps évoqué. Un regret sur le coup mais une opportunité de connaître des moments d'exception via la Ligue des champions.

Toldo, Di Livio, Battistuta et moi et moi et moi

Un arbre qui cache la forêt mais un tourbillon d'émotions pour un Transalpin d'origine qui revendique toujours autant cette fibre surtout après le récent titre de champion du monde. Ainsi c'est à Florence contre La Fiorentina qu'il va vivre le point culminant de sa carrière tel qu'il l'explique : « On est mené 3-1 et je rentre à 20 minutes de la fin. En face il y avait Toldo, Battistuta, Di Livio, ou Rui Costa et ma famille dans les tribunes. Je marque d'un tir croisé du gauche et je donne la passe décisive sur le but de l'égalisation à 3-3. Je sauve ma saison car dans l'ensemble Elie Baup ne me faisait pas confiance. » Comme précédemment Marco préfère partir pour retrouver du temps de jeu.

C'est à Caen qu'il atterrit en D2 avec un challenge sportif intéressant à relever car c'est la montée qui est en ligne de mire. Mais dans les faits tout se complique très vite : « Je remplaçais Rothen qui venait de signer à Troyes et je découvre une ambiance assez tendue car il y avait des clans au sein du groupe. Les nouveaux étaient mal vus dans l'ensemble et en plus on se retrouve dernier après 8 journées. En janvier après un tacle par derrière d'un défenseur de Wasquehal je suis victime d'une fracture tibia péroné qui me coûte 6 mois d'arrêt. A mon retour l'équipe tournait bien avec des bons joueurs comme Gravelaine, Faderne, ou Mazure mais surtout j'étais en conflit avec Patrick Rémy qui était arrivé entre temps. Avec lui j'ai joué 20 minutes à St Etienne signe du destin où d'ailleurs je marque du droit et puis plus rien, sans explications ou presque. J'étais même prêt à évoluer comme arrière gauche mais il n'a fait que me promener alors je suis allé au clash. »

Ultime défi à Nîmes Après un essai à Cardiff, Marc Zanotti a l'opportunité d'aller en Grèce. Une histoire dont il préfère rire aujourd'hui mais qui illustre parfaitement les dures réalités d'un métier où tout ce qui brille n'est pas or. « Un jour un agent me contacte en me disant que le club de Xanthi Scoda est intéressé mais il reste assez flou. Franchement je ne le sens pas du tout et au moment de partir je renonce. Il me dit d'appeler Franck Rabarivony qui joue là bas et qui me rassure. Finalement j'y vais et c'est un véritable périple qui commence entre avion, métro, correspondances en tous genres. J'arrive là bas et c'est le jardinier du club qui vient me chercher. On me présente au président, une sorte de Bernard Tapie grec auquel je donne des cassettes de mes matchs. Je m'entraîne et visiblement tout se passe bien. Le lendemain on m'annonce que finalement ils prennent un Uruguayen. Mentalement c'est le genre de mésaventure qui vous use mais cela fait aussi partie du jeu. On sait que parfois tout se joue sur des détails et qu'il faut sans arrêt se remettre en question mais on accepte plus facilement les choses à 20 ans qu'à 30 ans. Comme il me restait un an à Caen je préfère résilier mon contrat en 2003 car je n'en pouvais plus. »

Il traverse alors une période de chômage et s'entraîne déjà avec St Cyr pour garder un minimum de forme. Un transfert à Sedan avorté à la dernière minute et c'est un ultime challenge qui se profile puisque le Nîmes Olympique de Didier Ollé Nicolle dit banco. Là encore Zanotti va vivre de grands moments : « On finit 5ème en National mais surtout en coupe de France on élimine Nice, St Etienne, Ajaccio et Sochaux à chaque fois après des remontées incroyables. Le plus beau souvenir reste la rencontre contre les derniers nommés où on est mené 3-1. Je rentre avec une rage incroyable et on revient à égalité 3-3. Le stade des Costières était en feu c'était impressionnant. J'ai été obligé de décaler mon mariage au 11 juillet car la finale avait lieu le 4, le jour prévu initialement. On perd 2-1 contre Auxerre mais cette épopée reste un moment à part et j'estime que le Nîmes olympique mériterait une place plus importante sur l'échiquier hexagonal. Il y a tout pour réussir là-bas. »

Déjà un phénomène au Racing Toulon

Que lui a t-il donc manqué pour avoir une carrière encore plus grande ? « Franchement je ne regrette rien mais avec le recul je crois qu'inconsciemment après mes bonnes périodes j'ai eu tendance à me relâcher. Pas par suffisance mais parce que le foot a d'abord été une passion avant un métier. Je n'ai jamais été calculateur. Je suis plus réactif qu'actif et puis comme je l'ai dit c'est sur le tard que j'ai pris conscience que je pouvais percer. J'avais été repéré en cadet ligue par l'OGC Nice mais comme j'ai mal vécu l'éloignement avec ma famille je ne suis resté qu'une saison avant de revenir au STV en tant qu'externe. Par la suite j'ai tout connu en Azur et or de la Gambardella à la DHR, DH en passant par la N3, N2 et N1. » Au fond Marc Zanotti n'a jamais cessé d'être le gamin du Racing qui prenait plaisir à martyriser les défenses adverses sous les yeux ébahis des parents ou dirigeants. Déjà la conduite extérieur du pied, déjà le sens inné du dribble, déjà un pouvoir d'accélération terrible et déjà un physique élancé qui lui donnait une vivacité hors normes. Pour preuve le fait que les empoignades avec le Sporting à cette époque là de pupilles à minimes restent encore dans toutes les mémoires. Des générations d'exceptions des deux côtés avec Zanotti et Diawara comme adversaires. Comme quoi le futur s'écrit parfois par anticipation. De Bordeaux à Toulon l'essentiel est de garder des principes de vie comme l'a fait Marc Zanotti. Talent varois mais coeur italien ! A.D.
 

Actufoot 83
Aout 2007, N°34

Les statistiques et les pages du site www.anciensverts.com


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