Robert Nouzaret : "Ici, il y a tout pour rattraper Lyon"

Depuis son éviction en septembre 2000, Robert Nouzaret n'est revenu que deux fois à Geoffroy-Guichard. La première pour un derby d'anthologie perdu sur le fil (2-3), le seconde comme supporter des Bleus (France-Chine en amical).

Mais même éloigné du Chaudron (il vit à Montpellier), il garde un oeil très intéressé sur les performances des Verts dont il apprécie d'ailleurs plutôt la nouvelle cuvée : « Je trouve qu'il y a un bon potentiel. Maintenant, il faut aller chercher des points à l'extérieur pour passer au niveau au-dessus. Le groupe est jeune, c'est un choix mais avec une telle moyenne d'âge, on doit s'attendre à des hauts et à des bas. Il ne faut surtout rien toucher ».

«Stabilité», le mot est lâché. Nouzaret en fait une priorité : « C'est quelque chose que nos dirigeants, en France, n'ont pas encore très bien compris.
Leur mentalité a changé, ils sont plus affairistes qu'à une certaine époque, donc moins patients. A partir de là, c'est très difficile, surtout quand votre vocation c'est la formation. Sans patience, ce n'est pas la peine ».

Devant l'hégémonie lyonnaise qui dure depuis 2002, il y aurait pourtant de quoi la perdre : « Ce sont des cycles.
Des petits grains de sable peuvent arrêter le mécanisme. C'est le charme du football. Malgré tout ce que l'on peut faire, on ne maîtrise jamais les résultats à 100 % ».
On en connaît un, en tout cas, qui a choisi son camp : « Vous connaissez mon allergie pour Aulas. Il a deux visages, il y a l'homme et le dirigeant. Le dirigeant, je suis obligé de lui tirer un coup de chapeau. Quand on voit ce qu'il a fait de l'OL, on ne peut que s'incliner. Par contre, l'homme c'est un autre personnage. Je peux le juger parce que j'ai vécu quelque chose avec lui ».

Les deux hommes se sont côtoyés quelques mois (Aulas prit la présidence de l'OL en juin 1987, Nouzaret fut remercié en octobre de la même année) et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne se sont pas quittés bons amis : « Beaucoup de moutons gravitent autour de lui, un jour, ils s'apercevront de ce qu'il y a à l'intérieur du personnage ».
En attendant, Robert Nouzaret se fait plus que jamais supporter des Verts : « Voir tous ces clubs à la traîne, ce n'est pas une bonne chose.
Tous ceux qui sont derrière actuellement ont une carotte intéressante à jouer, c'est de rattraper l'OL. J'espère que l'ASSE va vite retrouver ses marques parce que justement ici, il y a tout pour rejoindre Lyon : le public, les infrastructures... ».

Le Marseillais d'origine n'était jamais revenu à L'Étrat depuis son départ. Il a noté quelques changements. En mieux, évidemment : « Les installations étaient déjà bien quand j'étais là. Maintenant, c'est le summum. Il y a une unité de lieu ».
Tout est centralisé, avec les nombreux avantages que cela comporte : « Les patrons du club ont tout sous la main, ils voient ce qui se passe.
Dans ces conditions, vous maîtrisez l'ensemble. Ils n'ont plus à gérer les problèmes de l'époque, avec Candel et l'Association d'un côté, le centre de formation et ses anciens dirigeants de l'autre, et nous au milieu avec les missiles «scuds» qui nous passaient au-dessus de la tête. Cette unité crée un état d'esprit. Il suffit d'être patient, de travailler et ça va venir ».

Thomas Dutang.
Le Progrès du vendredi 12 octobre

Les statistiques et les pages du site www.anciensverts.com


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