Sébastien Mazure : « Peut-être mon dernier contrat »

SM Caen. Sébastien Mazure a marqué dimanche en CFA. Il aurait pu prétendre à une place dans le groupe pro, ce week-end. Il s'est encore blessé, au point de s'interroger sur la suite de sa carrière.

Parfois, Sébastien Mazure se prend à rêver. « Avec mes qualités, et d'autres jambes, quelle carrière aurais-je fait ? Sans doute un truc sympa. » Et puis, il retombe sur terre, à la mesure que les diagnostics s'accumulent, repoussent ses espoirs de retour. Aujourd'hui, Sébastien Mazure est un attaquant qui doute, un footballeur qui cherche le plaisir, un homme qui s'interroge. « J'aurai 29 ans fin mars, il me reste un an de contrat. Au jour d'aujourd'hui, ce sera mon dernier contrat. Je n'ai pas envie de continuer le foot dans les conditions actuelles. »

L'étiquette « fragile » s'est muée en panneau 4 x 3. Maz' accumule les blessures, à son corps défendant. « A 20 ans, je vivais comme un jeune de cet âge, sans être de sortie tous les soirs pour autant. Maintenant, je vis comme un père peinard. » Ses jumeaux sont passés par là. « Mes premières blessures au mollet remontent à la période de leur naissance. Ils n'ont fait leurs nuits qu'à 14 mois. Pendant un an, je n'ai dormi que de 6 h à 8 h du mat'. Ce n'est pas une excuse, ça arrive à plein de parents. Mais c'est sans doute plus compliqué pour un sportif de haut niveau. A fortiori pour quelqu'un de fragile. »

Entre 2002 et 2005, entre Ligue 2 et Ligue 1, Mazure a planté 34 buts pour Malherbe. Joué entre 23 et 32 matches par saison. Son départ à Saint-Etienne, son retour, ont été moins convaincants, pour celui qui est intrinsèquement le meilleur, ou l'un des deux meilleurs, attaquants caennais. Mais un bon joueur qui ne joue pas va toujours moins loin qu'un bourrin qui court.

Mollet, cuisse, adducteurs dernièrement... La litanie ravirait un étudiant en médecine. « Sébastien n'a pas un problème particulier, quelque chose qui ferait qu'il est fini pour le foot, témoigne le docteur Hervé Schulc, qui officie au club. Il y a des réglages à faire sur le plan musculaire, mais le temps qu'ils s'opèrent, les pathologies basculent sur un autre endroit. Le tout, c'est d'avoir le temps que ça revienne tranquillement. »

« C'est une catastrophe. Physiquement. Mentalement. »

Le temps, Mazure le trouve long. Surtout, c'est cette douleur chevillée aux adducteurs qui le tracasse. Elle a pris le relais de ces jarrets synonymes d'arrêt. « Le premier gros accident, c'est contre Istres en décembre 2006, se souvient le joueur. J'ai rechuté très gravement contre Le Havre, en revenant, en février 2007. J'ai sans doute trop rejoué pour ma reprise. Depuis, je rame. j'ai mis trois mois pour retrouver une course normale. »

Il attaque pourtant la Ligue 1 contre Nice, par une victoire. 10 matches, dont 4 comme titulaire, sont loin de suffire à embellir 2007-2008 : « C'est une catastrophe. Physiquement. Mentalement... Ma saison est morte, même si je peux revenir à quatre, cinq journées de la fin si mon corps me laisse tranquille. Mais je manque de compétition, et j'entends des choses pas sympas sur moi. Ça ne m'amuse pas d'en être là, de voir l'équipe peiner sans pouvoir postuler à quoi que ce soit. » Ou fournir une option pour un 4-4-2 payant contre Nice et Lille...

Il n'a même pas savouré son but en CFA dimanche, son 1er depuis... sa blessure fin 2006. Sa douleur aux adducteurs l'en empêchait, l'idée que tout était fragile aussi. Mazure devait jouer ce week-end, hier il a dû écourter sa séance. « C'est peut-être fini pour moi, soupire-t-il. Cette idée me trotte dans la tête... » Lui boîte, et son moral claudique.


Dominique FAURIE.

Ouest-France

Les statistiques et les pages du site www.anciensverts.com


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