Laurent Blanc : "Pas le droit au moindre faux pas"

Toujours aussi flegmatique même après une victoire ô combien importante à Marseille (2-1), Laurent Blanc a vécu une soirée en deux temps dimanche soir au Vélodrome. L'entraîneur bordelais a d'abord vu son équipe manquer d'ambition en première période et «se mettre en danger toute seule». Recadrés à la mi-temps, les Girondins ont offert grâce notamment à l'entrée de Cavenaghi «plus de percussion» en attaque pour faire basculer la rencontre en leur faveur lors du dernier quart d'heure. Revenu à deux points de Lyon, Bordeaux est plus que jamais en course pour le titre. Et pour Laurent Blanc, l'équipe «la plus sereine» l'emportera.

« Laurent Blanc, votre équipe est revenue de loin...
En effet... Et ce fut un sacré match ! En première période, mon équipe s'est mise en danger toute seule. J'ai trouvé qu'on avait été trop timide notamment dans les trente derniers mètres. Il n'y avait pas assez de percussion pour mettre en difficultés les Marseillais. Et avant la pause, on prend ce but un peu "casquette". Les joueurs étaient assez déçus. Je leur ait dit qu'on n'était pas venu ici pour perdre et que Marseille était bon à prendre. Il fallait passer par les côtés. Mon message a été bien reçu et tout le monde a eu une belle réaction. Notre seconde période a été très bonne. On a su être beaucoup plus percutant offensivement.

La rentrée de Cavenaghi a-t-elle changé la donne ?
Oui et c'était prévu. Mais peut-être pas aussi tôt puisqu'on a eu quelques pépins physiques. On a effectué nos trois changements assez rapidement. C'était risqué, mais il n'y avait pas d'autres choix (NDLR : Ramé et Micoud se sont blessés). On a fini avec Marouane Chamakh en numéro 10. Si un jour on m'avait dit ça, j'aurais peut-être souri. Mais à l'image de toute l'équipe, il a tout donné. Au niveau de la détermination, Bordeaux mérite sa victoire.

Vous mettez ainsi la pression sur Lyon. Le titre reste jouable.
On était venu pour gagner et c'est chose faite. Il reste deux matches, c'est beaucoup et peu à la fois pour récupérer le nombre de points (2) que l'on a en retard sur Lyon. Cela va être difficile mais on va jouer notre carte jusqu'à la fin. Il ne faudra faire aucun faux pas et espérer que Lyon en fasse un. Ce qui n'est pas fait...

Avoir gagné au Vélodrome, est-ce un atout psychologique important ?
Je ne sais pas. Il y a beaucoup de nervosité durant ces dernières journées, et pour toutes les équipes. Beaucoup jouent quelque chose, que ce soit en haut du tableau comme en bas, ou même pour la cinquième place. Marseille a par exemple fait preuve de fébrilité. Cela a été notre cas la semaine dernière contre Nice (0-0). L'équipe qui arrivera à maintenir une certaine confiance dans le jeu finira avec un avantage. A nous donc de bien maîtriser ce dernier match à domicile (contre Sochaux) et ce déplacement à Lens. Mais Lyon doit penser la même chose. La sérénité sera la clé du succès.

Votre équipe en a montré ce soir de la sérénité...
En seconde période, oui. Il était certain que l'on pouvait faire quelque chose. Dès l'entame du match, on a senti les Marseillais peu à l'aise. On avait prévu certaines choses qui se sont déroulées comme on le pensait. Cela prouve que l'on avait bien étudié cette équipe. Mais il manquait cette envie d'aller poser des problèmes et d'aller marquer. Après la pause, dans le domaine offensif, on s'est libérés et on a joué sur nos propres qualités, qui sont très grandes. On a démontré qu'on pouvait mettre en péril la solidité défensive de Marseille.»

Propos recueillis par David MICHEL, au Stade Vélodrome.
Source : L'Equipe

Les statistiques et les pages du site www.anciensverts.com


a n