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Michel Audrain :" Entraîneur-adjoint, c'est une richesse"

Michel Audrain



Michel Audrain, le nouvel adjoint d’Hubert Fournier au Stade de Reims, qui affronte Lorient ce samedi, a vite trouvé sa place dans le vestiaire.

Mais l’ancien responsable du centre de formation lorientais (2002 à 2006) ne s’enflamme pas malgré une série de trois succès consécutifs : deux en championnat (à Marseille et contre Bastia) et un en Coupe de la Ligue (contre Monaco). À 52 ans, passé par de nombreux clubs de l’Ouest, il porte un regard lucide sur son métier.

Michel, cette semaine exceptionnelle doit vous donner des idées ?

Disons qu’on n’est pas vraiment surpris. On connaît le groupe depuis fin juin et les matches amicaux étaient intéressants dans leurs résultats et leurs contenus. Mais on n’en est qu’au tiers de la saison alors restons prudents. L’an dernier, il y avait eu une période de 15 matches sans victoire, une dynamique peut aussi vite devenir négative et on n’a que 2 points de plus qu’il y a un an. On commence à être craint et c’est là qu’il faut être vigilant.

La seconde saison en L1 est souvent la plus ardue. Visiblement pas pour Reims ?

On a vite enchaîné une série de huit matches sans défaite. On leur avait demandé d’être ambitieux, de ne pas jouer avec la peur. Chacun s’est vite identifié dans le collectif, ça aide aussi pour la confiance, même si cela ne s’est pas traduit au classement. On a montré du caractère et des qualités dans notre jeu. On s’appuie sur un groupe, dont certains étaient déjà là en National, alors quand des recrues arrivent, cela crée une vraie émulation. On s’appuie sur un groupe de vingt joueurs. Mais cela ne fait que quatre mois que je suis ici alors il est difficile de trouver les mots justes pour définir les deux saisons. L’apprentissage s’est pas mal fait l’an dernier, et à travers lui Hubert a trouvé plus de sérénité.

Vu de l’extérieur, Reims est presque un modèle de progression maîtrisée.

Le club s’appuie sur des joueurs de Ligue 2, dans une politique de recrutement c’est plus facile d’attirer des gars de L2 surtout si tu développes un projet avec eux et ils ont peut-être plus d’appétit. Pour un Président et un entraîneur, c’est intéressant de pouvoir garder une ossature.

Vous arrivez presque en position de favori au Moustoir ?

Il y a eu des conflits internes au sein du club lorientais, de nombreuses blessures, ce n’est pas idéal pour la sérénité. On peut donc comprendre les difficultés que rencontrent les Merlus. Mais je ne suis pas inquiet car je connais les qualités et les vertus de Christian Gourcuff. On peut parler d’un tournant car s’ils gagnent, ils reviennent à 5 points. Quand on a cette volonté de créer et de développer du jeu, on s’en sort toujours. Quant à nous, on continue à regarder vers le bas, tant qu’on ne sera pas maintenu on n’aura pas d’autres objectifs. On n’oublie pas que dans les sondages du début de saison, on ne figurait pas parmi les meilleurs.

Votre arrivée à Reims est souvent soulignée comme étant une réussite. Quelle part vous attribuez-vous dans ce bon départ des Rémois ?

Les joueurs ne me connaissaient pas, moi si. Le fait qu’avec Hubert on soit sur la même longueur d’ondes (Fournier et Olivier Guégan, son adjoint, étaient en conflit l’an dernier) a donné du crédit à notre travail. J’essaie d’apporter un peu de richesse liée à mon expérience et à mon passé de formateur.

Et pourtant vous découvrez Hubert Fournier ?

On s’était juste croisé lorsqu’on passait le DEPF (diplôme pour entraîner en L1) mais ne se connaissait pas plus que ça. Un adjoint doit savoir raison garder mais Hubert me fait étonnamment confiance ; c’est plus facile de mettre en place un exercice quand on pense la même chose. Et je crois qu’avec Hubert, on arrive à façonner quelque chose de réussi, on est dans l’échange permanent. Mais on reste prudent car si dans les quinze prochains jours on se « gaufre »…

Vous inspirez-vous des entraîneurs que vous avez croisés durant votre carrière ?

J’ai pris de tous un peu. Certains m’ont plus marqué. J’ai aimé la pédagogie de Michel Le Milinaire à Laval, ses anecdotes et sa psychologie ; Aimé Jacquet à Bordeaux était un autodidacte sur le plan de la préparation, mais aussi un humaniste car il aimait l’homme avant le joueur, je suis resté en contact avec lui ; et Guy Stephan à Annecy.

Entraîneur-adjoint, ce n’est pas le poste le plus valorisé ?

Au contraire, c’est une richesse ! J’ai passé trois ans avec Denis Troch, cinq avec Philippe Hinschberger et je suis avec Hubert depuis quatre mois. Ce sont trois personnalités différentes. Avec Denis, j’étais mois dans l’échange qu’avec Hubert, avec Philippe c’était du 50-50 même si on a eu quelques soucis ensemble. Avec Hubert, j’appartiens à quelqu’un, tous les deux on est imprégné de la même chose, à 100 % tous les deux. Et les joueurs le ressentent bien. Et on n’est pas de la même génération (Audrain a 52 ans, Fournier 46 ans), c’est un entraîneur moderne, il sait prendre du recul, il est capable de sortir de la séance. Il faudra voir dans la durée car c’est un métier où tout va tellement vite.

Le formateur puis l’entraîneur que vous êtes devenu est-il différent du joueur que vous étiez ?

Totalement ! Quand tu es joueur, tu ne penses pas au reste. C’est après que tu réfléchis. Quand t’es joueur, tu fais la gueule, tu contestes tout. Tu ne réalises pas la richesse que tu as qui te permet de construire un tout. C’est pour ça que j’ai préféré la formation où tu es plus dans l’humilité que dans la compétition. Chez les pros, il n’y a que le résultat qui compte.

Vous-même, vous ne rêvez pas d’entraîner un jour une équipe professionnelle ?

Aujourd’hui non. En Ligue 2, j’avais presque fait le tour. J’avais envie de prendre mon envol, j’étais même prêt à aller en National ou en CFA, j’ai eu des contacts avec Les Herbiers. Je ne me mets jamais en avant et j’aimerai décider du bon moment. Si ça doit venir, ça viendra. On est tous ambitieux mais pas forcément carriéristes. Et puis j’ai eu cette chance d’être sollicité par Hubert Fournier. Mais vous savez ce n’est pas un manque d’ambitions, ni un confort d’être numéro deux. Avec Hubert on a un projet et on est en fin de contrat tous les deux. Mais notre association est bien partie.

Ce seront aussi vos retrouvailles avec Christian Gourcuff.

C’était Yvon Pouliquen qui m’avait fait venir. J’ai passé deux ans avec Christian, je regrette juste de ne pas avoir eu plus d’échanges avec lui. Je perdais trop de temps à organiser les entraînements entre Kerfichant et le Bois du Château, j’aurai préféré parler foot avec lui.

Source : www.maville.com

 



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