Matt Moussilou : "J'en avais marre"

Matt Moussilou aura effectué un passage furtif à Marseille. Aujourd?hui à Al-Arabi (Qatar), l?attaquant formé à Lille explique son choix de carrière et revient sur ses mois passés à l?OM. 
 

Matt Moussilou, pouvez-vous revenir sur les conditions de votre départ de Marseille pour Al-Arabi au Qatar ?
Tout est allé très vite. J?étais en train de préparer la rencontre face à Lyon. Al-Arabi s?est manifesté à ce moment-là. Ce club avait besoin d?un attaquant immédiatement disponible afin d?affronter Al-Saad quelques heures plus tard. Au Qatar, cette rencontre, c?est un peu leur PSG-Marseille. Et puis le fax de l?OM est arrivé à quelques minutes du coup d?envoi du match. J?ai donc pu jouer et inscrire mon premier but (ndlr : 1-1).

Pourquoi avez-vous quitté Marseille ?
J?en avais marre de faire banquette. J?avais besoin de jouer, de confiance. A Marseille, ce n?était pas possible. Peu importe la destination, j?avais besoin d?un nouveau challenge. Je m?en balance également des a priori des gens. Je gère ma vie et ma carrière comme je l?entends.

Où voulez-vous exactement en venir ?
Aux yeux des Français, je me trouvais en situation d?échec. Je m?en moque complètement. Je suis venu au Qatar pour retrouver du temps de jeu et prouver ma valeur. Ici, j?ai tout pour être heureux. Je ne vous cache pas que financièrement, mon contrat est très intéressant.

Ne craignez-vous pas de vous enterrer au Qatar ?
Je n?ai pas pris ma décision à la légère. Mes proches m?ont conseillé de foncer. Je suis prêté jusqu?au terme de la saison. Si l?OM a accepté de me prêter, je n?ai plus rien à voir avec ce club. J?appartiens toujours à Nice, avec qui je suis sous contrat.

Quels souvenirs garderez-vous de votre passage éclair à Marseille ?
Je suis arrivé dans une période extrêmement délicate. Pourtant, malgré les critiques et l?absence de résultats, il régnait une bonne ambiance. Je me suis fait des amis dans cette équipe. J?ai bien déliré avec Benoît Cheyrou, que je connaissais depuis Lille, Arrache, Faty, Ziani et même Moussa, de la sécurité.

« La France ne me manque pas »

Pourquoi n?avez-vous pas eu véritablement votre chance ?
Je ne sais pas. Avec Eric Gerets, nos relations étaient très limitées. Les premières sensations étaient pourtant bonnes. Aux entraînements, je ne m?en sortais pas trop mal. Je suis parti à la va-vite sans savoir pourquoi je ne jouais pas. J?aurais bien voulu connaître les explications du coach. Mais cela appartient au passé.

Etes-vous frustré ?
Non. Je ne me prends pas beaucoup la tête. Selon plusieurs entraîneurs que j?ai connus, l?un de mes défauts, c?est que je ne suis pas assez dur avec moi-même. J?étais prêt à jouer mais on ne m?a jamais donné ma chance. Je reste sur un goût d?inachevé, beaucoup de gens également. Certains auraient voulu voir si je pouvais apporter un déclic, un nouvel élan à l?équipe. Je ne pouvais pas stagner ainsi, même si je reste sur ma faim. J?aurais pu attendre le Mercato mais je voulais vraiment couper avec la France.

Regrettez-vous d?avoir rejoint l?OM ?
Pas du tout. Plus tard, je pourrai dire que j?ai appartenu à l?un des plus grands clubs français, que j?ai porté son maillot, même si ça n?a été que pendant quelques minutes. J?aurais bien voulu faire lever le Vélodrome. Les différents entraîneurs ne m?en ont pas donné les moyens. Avant de partir, j?ai eu une conversation avec José Anigo, à l?origine de ma venue. Lui et moi, on croyait que j?aurais davantage de considération. Malgré tout, j?ai pris du plaisir avec mes partenaires. J?en ai également pris lors du match contre le PSG au Parc des Princes (ndlr : 1-1, 7eme journée), où l?on s?est mis minables. Je rêvais de disputer une telle rencontre, même si, petit, je préférais le PSG.

D?après vous, la concurrence avec les autres attaquants a-t-elle été loyale ?
Cissé comme Niang sont des grands attaquants. Par moments, quand ils tournaient mal ou avaient besoin de souffler, j?avais la possibilité de jouer. Je regrette que l?on ne m?ait pas fait confiance. Ça, ça m?a frustré.

Qu?attendez-vous de votre aventure à Al-Arabi ?
Avant tout, je veux prendre du plaisir et marquer des buts. Je ne peux pas vivre sans le but. C?est lui qui me permet d?exister. A Marseille, j?étais en manque. Sinon, le Qatar, c?est vraiment magnifique. Il y a tout, on ne manque de rien. Le litre d?essence coûte dix centimes contre un euro cinquante en France. Il fait trente degrés, les installations sont magnifiques. Franchement, la France ne me manque pas.

Source : Football365.fr
Propos recueillis par Fabrice LAMPERTI, correspondant à Marseille

 

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