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Christian Sarramagna : "Raymond Domenech n'a rien compris aux Verts de 1976"

Yohan Benalouane

Finale 1976. Il y a 40 ans, Christian Sarramagna comptait parmi les héros défaits de Saint-Etienne, en finale de Ligue des Champions. Le manager de Cholet raconte.

Christian Sarramagna

Il y avait là « l'Ange vert » Rocheteau. Un Herbin déjà chevelu, un Larqué au sommet de son art. Quarante ans plus tard, le récit, ravivé par ces images jamais jaunies, tient davantage de l'épique, du roman historique. C'est l'histoire d'une finale perdue (1-0), ce 12 mai 1976, à Glasgow, devant un Bayern d'anthologie. Huit ans avant l'Euro victorieux de 1984, c'est aussi, trÚs paradoxalement, l'histoire d'un acte bùtisseur du foot français. Il y a ces défaites qui échafaudent une légende. Celle de l'AS Saint-Etienne, nantie du « Gaulois » Patrick Revelli, est l'Alésia du foot tricolore. Elle a forgé l'identité stéphanoise, et intégré l'éternité.

Du haut de ses 25ans, de son pied gauche chirurgical, Christian Sarramagna y Ă©tait. Au terme d'une saison oĂč il avait peu jouĂ©. « Je revenais de blessure. Rocheteau s'Ă©tait lui aussi blessĂ© en demi-finale contre Eindhoven, se souvient le manager du SO Cholet. Il Ă©tait intouchable, en plein Ă©panouissement. J'ai jouĂ© Ă  sa place. » Un euphĂ©misme. Car Sarramagna a brillĂ©, fait tourner en bourrique le Danois Hansen, dĂ©livrĂ© un centre millimĂ©trĂ© pour Jacques Santini. La tĂȘte de l'ex-sĂ©lectionneur des Bleus fracasse la barre... carrĂ©e. La lĂ©gende est en marche. « Les poteaux ronds nous auraient-ils fait gagner ? On aurait dĂ» gagner ce match. » Que dire de NĂźmois mal inspirĂ©s, quelques jours avant la finale, qui descendent littĂ©ralement Farison et Synaeghel? « Indigne, peste encore Sarramagna. Quand j'y repense, oui, c'est indigne, compte tenu de ce que l'on reprĂ©sentait Ă  l'Ă©poque. » Sans cela, sans les poteaux carrĂ©s, « SaintĂ© » aurait dĂ».

Le coup franc de Roth l'en empĂȘchera. Qui s'en souvient ? Qui, en revanche, n'Ă©tait pas vert, ce soir-lĂ  ? Surtout pas un Hampden Park sans horloge, avec ses travĂ©es en bois consumĂ©es par le feu vocal de 30000 StĂ©phanois. En rĂ©alitĂ©, ils Ă©taient bien davantage, car l'Écossais avait pris son parti. Glasgow Ă©tait verte. La France, l'Europe Ă©taient vertes.

Honorer les défaits est un sport trÚs français. Mais ce soir-là, Saint-Etienne « avait tout gagné. » Un jour, le Lyonnais Raymond Domenech a lancé « qu'on avait trouvé le moyen d'honorer des perdants. Il n'a rien compris. » Surtout pas la singularité d'un groupe « qui dégageait quelque chose d'exceptionnel. C'est cela qui a fait le mythe. Quand je me déplace avec le Soc, je le vois. On me demande des nouvelles de Curkovic. On était des hommes, on était des frÚres. Ce qu'on a partagé allait au-delà du sport. »

Au retour, tous comprennent que l'avion se prive d'altitude. Il se pose à Paris... Valéry Giscard d'Estaing et la France déroulent le tapis rouge à des Verts portés en héros. Les Champs sont noirs de monde. « Quarante ans aprÚs, c'est inchangé », certifie Sarramagna, présent dans le Forez à l'occasion des festivités, jusqu'à ce week-end. Samedi, Saint-Etienne briguera la 4e place de L1. « Quand les gens ont su que les anciens de 1976 seraient présentés avant le match, il n'y avait plus un seul billet. » La France est éternellement verte.

Source : Ouest-France



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