Anthony Le Tallec, écorché vif

D?autres qui lui auraient goûté tant de sollicitations. Mais Anthony Le Tallec a eu un sérieux coup de blues en examinant les propositions estivales. « Écosse, Grèce, Turquie, j?en ai reçu d?un peu partout, glisse t- il, le visage fermé. Du coup, j?ai grandi pendant ce mercato. » Lui seul sait ce qui serait advenu sans l?offre mancelle, le 31 août. Aurait-il ruminé sa peine avec la réserve de Liverpool ? Fini par accepter l?offre mirobolante de Hearts of Midlothian ? « L?argent, c?est bon? », soupire-t-il. Mais il troquerait volontiers un compte en banque bien fourni pour un compteur buts plus volumineux. Lorsqu?il assure que « chaque club m?a fait avancer », on devine moins de satisfactions que de souffrances. Lancé dans le grand bain à l?âge du permis accompagné, le Havrais a mal supporté l?intérêt malsain que beaucoup lui ont porté. « Le foot, dit-il, parfois, ça déçoit. Surtout humainement. »

Sensible, le champion du monde des moins de 17 ans (en 2001) a traîné en route. Du côté de Liverpool, d?abord. Puis de Saint-Étienne, Sunderland et Sochaux. Tant et si bien qu?il a longuement réfléchi, cet été, pour ne pas se tromper. Encore. « Je devais absolument trouver le bon club. Il s?agit d?un tournant dans ma carrière, insiste-t-il. Il restait une semaine lorsque l?affaire a capoté avec Sochaux. Pourtant, j?ai pris mon temps. Et puis, je voulais absolument jouer en France pour rester médiatisé. Mon père m?a conforté dans mon choix du Mans. »

Longtemps, le « cousin » de Florent Sinama-Pongolle s?est abîmé en prêt. « Aujourd?hui, je suis beaucoup plus mûr. Lorsqu?on me demande mon âge (22 ans), les gens me disent parfois : ?Ce n?est pas vrai.? Et pourtant. J?ai peut-être gagné la Ligue des champions (avec Liverpool en 2005), la Coupe de France (en 2007 avec Sochaux), mais je n?ai pas encore tout donné. Je dois me lancer. » Sa saison dernière, à Sochaux, où il inscrivit le but de l?égalisation à 2-2 à la 116e minute de la finale de la Coupe de France, y a un peu contribué. Mais, cette fois, c?est le corps qui a lâché. « Je suis arrivé avec une pubalgie, regrette-t-il. Je n?ai vraiment pas été aidé par les blessures. Mais, aujourd?hui, je sais que je peux enfin exploiter toutes mes qualités. Je suis à 100 %. »

« Il a plus besoin de récupérer ce qu?on lui a fait avaler depuis son arrivée que d?enchaîner les matches, relève Arnaud Cormier, l?entraîneur adjoint. Mais ça devrait aller. » De toute façon, Le Tallec n?est plus un homme pressé. « Le président et Daniel Jeandupeux sont vraiment motivés, apprécie l?attaquant. Pour l?instant, je suis seulement prêté six mois, mais c?est différent des fois précédentes. Il existe un projet pour me stabiliser pendant deux ou trois ans. » Largement suffisant pour ajouter d?autres succès à son premier, glané jeudi après-midi avec Hassan Yebda et Brahim el-Bahri, lors du tournoi hebdomadaire de tennis-ballon.

L'équipe du 14 septembre 2007

Les statistiques et les pages du site www.anciensverts.com


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